Stratégie

Publié le 12/03/2018

Logirem et Erilia, deux entreprises, une vision du renouvellement urbain

Chantier d'insertion, place de la Tartane, La Castellane (16e Marseille)

Le renouvellement urbain à Marseille, c’est une affaire de famille. Logirem et Erilia y ont pris la part du lion. Et sans se marcher sur les pattes !

Flash-back

Nous sommes le 1er août 2003. Jean-Louis Borloo, alors Ministre délégué à la Ville, lance sa loi d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine. Elle va donner naissance au Programme National de Rénovation Urbaine (PNRU), un chantier d’envergure. « Son grand principe, relate Jeanine Fialon, responsable renouvellement urbain à Logirem, c’était de créer un guichet unique pour tous les investissements d’Etat dédiés au logement ». Concrètement, les villes et les intercommunalités, assistées des bailleurs sociaux, suggèrent les quartiers qui doivent bénéficier de ces investissements. Après analyse, très vite, 490 d’entre eux sont ainsi désignés en France. Et 45 milliards d’euros, tirés des caisses de l’État, d’Action Logement, des bailleurs et des partenaires sociaux, sont investis en vue d'améliorer durablement la qualité de vie de millions d’habitants.

Focus sur Marseille

Avec 65% de son territoire en Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville, Marseille est naturellement au cœur du Programme : dans un premier temps, 1 milliard d’euros y seront investis. Logirem, bras armé de la ville depuis les années 60, est de loin le bailleur social le plus concerné : il est présent sur 8 des 13 conventions signées, pour une somme globale de 254 millions d’euros (dont 159 millions de participation du bailleur) au titre de l’ANRU 1, puis 212 millions pour l’ANRU 2. De son côté, Erilia est concernée, au titre de l’ANRU 1, par vingt opérations réparties sur tout le territoire national (pour une somme de 348 millions d’euros) en passant bien sûr par Marseille, où son engagement à hauteur de 112 millions d’euros reste important. Et avec près de 200 millions d’euros estimés dans le cadre de l’ANRU 2 dont 61 millions dédiés aux projets marseillais, Erilia demeure très impliquée dans le cadre de ce second volet du renouvellement urbain.

Dès l’ANRU 1, les deux bailleurs travaillent déjà côte à côte sur plusieurs quartiers, comme Plan d’Aou (15e) et Les Hauts de Mazargues (9e). Ils vont le faire encore davantage à la Castellane Bricarde (15e) et Air Bel (11e) avec le NPNRU, ou ANRU 2, le « nouveau » Programme National de Rénovation Urbaine. Car même si le premier Programme n’est pas encore achevé – il le sera en 2020 –, le deuxième a débuté dès 2016 et se poursuivra a minima jusqu’en 2025.

Une affaire de famille

À Marseille, la coopération entre Logirem et Erilia est évidente. « Parce que travailler dans le monde du renouvellement urbain, c’est entrer dans une même famille, avec sa diversité,  explique Géraldine Bourdin, chef du service renouvellement urbain chez Erilia. Tous les bailleurs chargés du renouvellement urbain doivent en effet faire face aux mêmes situations complexes avec une approche à la fois territoriale et en grande proximité. Mais bien sûr, cette règle de base prend une toute autre dimension s’agissant de nos rapports avec Logirem car nous partageons les mêmes fondamentaux ». Jeanine Fialon reprend : « Notre entente est totale. Une entente de valeurs bien sûr : nous partageons la conviction qu’aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de faire pour, mais de faire avec. Avec les locataires actuels et futurs, avec les riverains, avec les associations, les acteurs sociaux, les acteurs publics, les écoles, les collèges, dans une logique permanente de co-construction. Mais aussi une entente très opérationnelle. Nous avons ainsi signé une convention avec Erilia pour accroître nos moyens de coopération ». C’est dans ce cadre qu’Erilia a, par exemple, pris en charge le relogement de 36 familles locataires Logirem, ou encore a contribué à une partie de la reconstitution des logements démolis par Logirem à Picon Busserine (14e) avec 27 logements de son programme l’Echiquier (14e).  Partout, les deux bailleurs agissent ainsi dans le même sens pour favoriser l’urbanité des quartiers sur le long terme, tout au long des chantiers, mais aussi au-delà, à travers une réflexion profonde sur la mobilité, l’accès aux services, la culture... Objectif : en faire des lieux désirables, attractifs, y compris pour ceux qui n’y habitent pas aujourd’hui.

Construire ensemble

Travailler à deux, naturellement, c’est multiplier les initiatives communes pour faire vivre ces convictions. À la Castellane par exemple où Erilia est Syndic, les deux bailleurs, en partenariat avec UNICIL présent aussi sur le site, ont développé une nouvelle centrale de cogénération qui alimente en eau chaude les 1 926 logements de résidences situées à la Castellane et à la Bricarde.

Le café chantier du Baou de Sormiou

Au Baou de Sormiou toutes les actions réalisées par Logirem bénéficient aux locataires des deux bailleurs : c’est le cas de Cliiink, une incitation au recyclage des déchets, des cafés chantiers dans un bungalow ouvert aux habitants pour leur présenter sous de multiples formes les avancées des travaux, ou de l’accompagnement à l’installation du théâtre du Centaure, nouvellement implanté dans ce 9e arrondissement marseillais. « Ensemble, nous imaginons de nouvelles solutions pour faire adhérer les habitants, les inciter à devenir acteurs et non plus seulement spectateurs de la transformation de leur quartier. Nous montrons des logements témoins, créons des maquettes en 3D et des prototypes, proposons des concertations pour déterminer avec eux certains points d’aménagements : jardins privatifs en pied d’immeuble ou pas, volets roulants ou volets classiques ? » détaille Jeanine Fialon. Travailler à deux c’est aussi mener des actions de lobbying communes et parler d’une seule voix : « À deux, incontestablement, nous sommes bien plus forts dans nos discussions avec la Ville, avec la Métropole, comme avec l’ANRU. En mutualisant nos discours, c’est logique, on décuple la force de notre argumentation. » confirme Géraldine Bourdin.

Le sur mesure

Unis dans leurs discours, les deux bailleurs le sont aussi dans leur volonté d’offrir des solutions sur mesure. « À Castellane, nous avons démoli le grand espace central sur une dalle autrefois dévolue aux parkings, ajoute Géraldine Bourdin. Plutôt que de décider unilatéralement de sa nouvelle fonction dans l’attente des futurs aménagements, nous avons organisé avec LOGIREM et UNICIL une démarche de co-production avec le soutien d’un sociologue et d’un paysagiste pour savoir ce que les gens voulaient vraiment. Ils ont opté pour un espace convivial avec des gradins, des jeux pour enfants, des zones de pique-nique, etc. Et un chantier d’insertion a été mis en place».

Un pas supplémentaire est fait également avec le lancement d’études Patrimoine et Peuplement en co-pilotage, avec une maîtrise d’ouvrage Erilia sur la Castellane et Logirem sur Air Bel. Objectif, définir et porter auprès de nos partenaires une stratégie partagée et homogène, véritable feuille de route pour les années à venir.

Le sur mesure touche aussi bien sûr l’habitat proprement dit. « À Picon Busserine, nous avons partiellement restructuré les logements pour les adapter aux demandes les plus actuelles : en créant des duplex, en ajoutant des balcons, en adaptant des salles de bains » explique Jeanine Fialon. « À Petite Savine, ajoute-t-elle, nous avons décidé de désamianter et de restructurer au lieu de démolir 125 logements –  parce qu’à Marseille, c’est toujours difficile de reconstruire du logement locatif social. Pour ce faire, nous avons mis à nu planchers, murs et plafonds afin de repartir d’une page blanche et créé trois petites entrées résidentielles au lieu d’une seule grande. Un vrai pari, qui nous coûte quelque... 110 000 euros par logement. Sur d’autres sites (Les Pins à Vitrolles, La Rousse à Miramas et Baou de Sormiou à Marseille 9e), nous avons créé des appartements pédagogiques pour permettre aux locataires de gérer individuellement leurs dépenses énergétiques : ils étaient habitués au tout collectif...». Ce travail d’écoute et de proximité, c’est ce que toutes deux nomment « l’intelligence des territoires », intelligence collective partagée avec bon sens et entièrement mise au service des habitants.

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